Brigitte Delisle, chargée de mission Handicap chez Synergie Intérim

  • 13 avril 2015
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Elle intervient dans 50 agences du Grand Ouest, dont celles en Basse-Normandie de Flers, Cherbourg, Alençon et Hérouville Saint-Clair

Quel est votre rôle chez Synergie ?

Pour résumer ma fonction, je suis chargée de créer des partenariats en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, en relation avec nos agences. Je contacte les acteurs locaux, je sensibilise les équipes dans les agences, je démystifie les questions de handicap…

Et s’agissant du travail de terrain ?

Brigitte Delisle SynergieC’est un travail 100 % terrain. Je conseille la clientèle en matière d’études de poste, j’organise des recrutements pour des employeurs qui souhaitent parfois en recruter 10 ou 20. Je passe une journée par mois à rencontrer des candidats envoyés par Cap emploi 50. J’ai tous les jours au téléphone des candidats pour parler compétences et contre-indications.

Cette mission porte-t-elle ses fruits ?

Bien sûr, grâce à l’impulsion de Daniel AUGEREAU qui a créé le groupe Synergie et la mission handicap, nous sommes devenus dans l’emploi des personnes handicapées un employeur d’envergure avec par exemple, pour ma région, 62 salariés temporaires équivalents temps plein chaque année. Soit, quand même, le nombre de travailleurs handicapés que devrait avoir une entreprise qui aurait plus de 1000 salariés.

Vous dites parfois que pour les personnes handicapées, l’intérim est un tremplin. Sur quoi repose cette idée ?

On voit tous que l’intérim répond au besoin de souplesse des entreprises, mais la personne en situation de handicap a aussi la crainte de l’engagement à long terme. Avec l’intérim, elle a moins peur de retourner à l’emploi car c’est pour un temps défini et c’est l’opportunité de s’adapter à un nouveau poste. Elle a besoin de se rendre compte de ce qu’elle peut faire ou pas, de ses envies, de ses capacités.
Je me souviens, par exemple, d’un horticulteur, inapte à son métier. Il ne pouvait plus travailler dehors. C’était pour lui une profonde remise en question. Nous l’avons aidé dans ce changement de vie. Différentes missions l’ont aidé à découvrir d’autres métiers, il est maintenant contrôleur qualité dans l’industrie et ce métier lui plait.

Y a-t-il encore des peurs en matière de handicap ?

C’est un domaine où il y en a beaucoup même si l’on y travaille au quotidien. Chez nos clients employeurs, dans les agences mais aussi chez les personnes elles-même. D’un côté, peur de ne pas trouver de travail si elles en parlent, de l’autre, peur de la maladie, de l’absentéisme. Or, l’expérience m’a appris que ces peurs ne résistaient pas à une analyse sérieuse.

L’intérimaire handicapé est-il différent des autres salariés ?

Il n’est différent que sur des points relativement accessoires. Il compte dans l’obligation des employeurs d’avoir 6 % de salariés handicapés et il demande une étude sérieuse de ses restrictions. Lors d’un départ en retraite, je constate aussi que les employeurs ont tendance à remplacer un travailleur handicapé par un autre travailleur handicapé, ce qui n’existe pas pour d’autres catégories de personnels.

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