Céline DEFONTAINE, psychologue du travail

  • 2 novembre 2016
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Céline Défontaine est psychologue du travail à Handicap & Emploi depuis l’été 2016. Elle propose aux employeurs des bilans professionnels, ce sont des prestations d’accompagnement des salariés qui vont de la définition du projet professionnel jusqu’à sa mise en œuvre dans l’entreprise ou en dehors. La durée de ces bilans professionnels est de 20 à 30 heures.

 

Vous êtes Psychologue du travail spécialisée en orientation professionnelle, est-ce un choix ?pym_3540-min

Oui, j’ai cette vocation depuis le lycée. J’allais souvent consulter la documentation dans le bureau du conseiller d’orientation. J’entendais ses entrevues avec les autres élèves et cela m’a donné envie de faire ce métier.

Quand vous mener des bilans professionnels, combien de temps faut-il aux personnes pour choisir un métier ?

Elle vient parfois nous voir avec une idée réaliste. Le plan d’action se dessine alors facilement. Parfois, le projet est flou, il est alors difficile de se projeter.

L’orientation est un cheminement en toute conscience. Mon rôle est de permettre à la personne de faire un choix éclairé. Je m’assure qu’elle intègre les aspects positifs et négatifs des différentes pistes professionnelles, et c’est elle qui prendra la décision de s’orienter vers tel ou tel autre métier.

Peut-on effectuer un travail d’orientation sans faire passer de test ?

Les tests donnent des indications. Il est possible de découvrir les intérêts professionnels et la personnalité d’une personne par le biais des entretiens. Les tests sont surtout des outils pour échanger. L’interprétation et la restitution des tests sont aussi importantes que les résultats eux-mêmes. Le croisement des réponses est très important, cela demande de l’expertise. Les résultats d’un test ne doivent pas être pris au pied de la lettre, ce n’est pas parce que la personne aime le noir qu’elle n’aime pas aussi le gris !

L’orientation ne peut-elle s’effectuer que dans un bureau en face-à-face ?

Une bonne orientation exige aussi un travail de terrain. La personne doit aller échanger avec des professionnels, visiter les lieux de travail, enquêter… c’est indispensable pour réussir à se projeter dans un nouveau métier et pouvoir être sûr que le choix envisagé est le bon. Rencontrer plusieurs professionnels est important. Cela permet de multiplier les points de vue. J’encourage donc les personnes à tester leurs pistes professionnelles en réalisant des immersions en entreprise, qui leur donne une vision réaliste du métier.

Avec une personne handicapée, en quoi le travail d’orientation est-il différent ?

Le travail de terrain dont je parlais doit intégrer l’étude des conditions d’exercice du métier.  Il arrive alors que la personne trouve des métiers qui lui plaisent, mais qu’elle doive y renoncer du fait des limitations de sa santé ! C’est parfois difficile à accepter, et cela exige parfois un certain temps. Il faut prendre en compte les contraintes du handicap mais l’objectif reste le même, trouver un métier intéressant.

Il y a donc une étape supplémentaire pour mettre de côté « ce que j’aime », afin de réfléchir à « ce que je peux faire ». Ce n’est pas forcément plus long, mais c’est plus éprouvant et parfois frustrant.

Comment réagissent les personnes que vous accompagnez lors de ces bilans professionnels ?

Il arrive que quelque chose nous saute aux yeux et que les personnes ne le voient pas. Par exemple, elles sont capables d’effectuer un travail complexe qui nécessite des compétences spécifiques mais croient que tout le monde peut faire ce travail, alors que ce n’est pas le cas. Quand elles en prennent conscience, cela les valorise et leur redonne confiance.

Le travail qui est fait sur les compétences permet de tenir compte de son savoir être quand on choisit un métier. Selon que l’on soit adaptable ou non, disponible ou non, nous ne choisirons pas le même métier.

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