Christèle CALLET, conseillère employeurs

  • 16 février 2017
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Christèle Callet est conseillère employeurs à Cap emploi Manche. Elle vient en appui des conseillers pour tout ce qui concerne l’entreprise : Conseils dans le recrutement, l’organisation d’actions collectives, prospection, droits et obligations…

 

En quoi consiste ce métier ?

J’avais envie de travailler dans la promotion professionnelle des personnes ayant un handicap. Ce travail de conseillère près des employeurs me permet d’aller dans les entreprises et de présenter des candidats. Malheureusement, nous n’avons pas de candidat pour toutes les offres d’emploi.

Aviez-vous déjà fait ce travail ?

J’avais déjà travaillé en ce sens à la Mission locale de Beauvais comme chargée de relations entreprises, puis comme consultante en évolution professionnelle chez AKSIS, un cabinet de consulting, coaching et reconversion. J’ai aussi travaillé dans la Manche dans un centre de formation, où j’animais entre autres des actions Starter, pour le compte de l’Agefiph. Un groupe de demandeurs d’emploi avec un handicap m’était confié, et je devais les aider à retrouver le chemin de l’emploi.

À Cap emploi Manche, je retrouve cette exigence de tenir compte des compétences, des envies mais aussi des restrictions d’aptitudes, avant de mettre en lien les candidats avec les offres d’emploi des employeurs. Ce n’est pas forcément un blocage, mais cela nécessite une adaptation. Par exemple, j’ai pu travailler dernièrement sur le CV d’un candidat qualifié pour un travail sur nacelle, mais qui doit éviter le travail au sol, ou encore un chauffeur livreur devant éviter le port de charges lourdes.

Pouvez-vous donner un conseil aux candidats ?

Le marché de l’emploi dans la Manche est assez porteur, il faut consulter régulièrement les offres d’emploi. Les réseaux sociaux ne sont pas à négliger, cela peut permettre de doubler une réponse par un contact direct. Mais attention, si les candidats vont sur les réseaux sociaux, ils doivent savoir que les employeurs y vont aussi… Il faut donc faire attention aux traces laissées sur le net et bien paramétrer le niveau de confidentialité de son compte. Il faut aussi être en veille active et oser parler de sa recherche pour pouvoir atteindre ce que l’on nomme «le marché caché».

Un autre conseil ?

Oui, s’adapter aux moyens techniques actuels qui deviennent incontournables. Il y a de plus en plus d’entretiens de recrutement en visioconférence, par exemple avec Skype. Cela déstabilise un certain nombre de candidats. Il est pourtant possible de s’y préparer, choisir un endroit calme chez soi ou dans un lieu neutre, vérifier la qualité du son et de l’image… Après quelques entretiens, l’aisance est réelle, il faut donc s’entraîner. Par exemple en proposant un entretien de ce type à son conseiller Cap emploi. Un employeur peut le proposer pour éviter au candidat un déplacement, mais un candidat peut aussi en prendre l’initiative, et ce n’est pas réservé aux personnes qui ont un handicap.
Enfin, je m’occupe également du site www.capemploi.net, et je suis parfois étonnée qu’il y ait peu de candidats sur nos offres d’emploi, même quand celle-ci sont relativement simples.

Est-ce un métier qui vous a changé ?

Oui, car c’est un métier qui nous ouvre aux autres. Je fais le parallèle avec mes passions. J’aime le rugby, le judo que pratiquent mes enfants. Il s’en dégage un bon esprit, une philosophie sympathique, une certaine maîtrise de soi, du fair-play, du respect de l’adversaire. Je suis également musicienne, je pratique la flûte traversière, il faut beaucoup de rigueur et savoir se remettre en question chaque jour, découvrir, s’adapter.

Quelle est la qualité principale d’une conseillère employeurs ?

Il faut être une personne ressource pour l’équipe en interne mais aussi pour l’entreprise, savoir parler des candidats et rassurer. Car les employeurs qui ont déjà des personnes ayant un handicap savent que ce sont des salariés de valeurs. Mais les autres ont parfois une vision toute faite, ils pensent que l’accessibilité est forcément un problème, que les personnes handicapées travaillent pour la plupart à domicile, sur de l’informatique, avec un aménagement du poste…

Avez-vous un but particulier ?

Je me réalise pleinement quand j’arrive à fidéliser de nouvelles entreprises. Quand l’employeur a eu suffisamment confiance après une première expérience, pour nous confier une 2ème offre d’emploi, une 3ème…
Il est très motivant également de convaincre une entreprise pour qu’elle soit prête à donner sa chance à un candidat, et que nous arrivions à mobiliser des partenaires autour de cette réussite : un centre de formation, nos services internes, d’autres membres du service public de l’emploi…

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