David Morand, Directeur-adjoint de CH1 à Cherbourg

  • 31 mars 2015
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Chez CH1 à Cherbourg, David Morand crée des sites internet depuis le 6 mars 2000. Un métier stratégique pour observer la Normandie. Il a participé à la création de 190 sites internet. Pour des mairies, des restaurants, des hôtels, des golfs, des institutions, des festivals, des entreprises de toutes sortes. Sa dernière réalisation est le site de Handicap & Emploi.

 

Aviez-vous déjà travaillé sur un site de ce type ?

Non, c’est la 1ère fois que je réfléchis à un site qui concerne l’emploi. Mais CH1 a réalisé le site de la bibliothèque sonore de Caen, l’approche handicap ne nous était donc pas inconnue.

Le site de Handicap & Emploi est-il pour vous une réalisation comme les autres ?

Pour un bon professionnel, chaque site est particulier ! Bien comprendre la démarche du client est primordial, j’ai donc fait des recherches sur les structures qui participent à l’emploi des personnes handicapées : les messages véhiculés, conscients ou non, les mots utilisés etc.

Et qu’avez-vous trouvé de particulier ?David Morand CH1 (6)

Mon grand étonnement, c’est que l’on y trouve d’un côté des professionnels impliqués, chaleureux, attentifs à l’autre… mais que l’image renvoyée par leurs sites internet est à l’opposé de cette réalité. Des sites froids, institutionnels, où l’on ne montre ni les professionnels ni les personnes qui sont soutenues au quotidien. Sans les textes, on pourrait croire que des robots aident d’autres robots…  Le site créé a donc aussi pour ambition de montrer aux personnes handicapées et aux employeurs comment et par qui ils sont aidés.

Vous conseillez aussi de montrer des personnes handicapées, ce n’est pas si facile…

L’obstacle est de tomber dans les clichés : une canne blanche, une roue de fauteuil… mais j’ai vu les personnes reçues à Cap emploi, elles ont certes un handicap mais rarement visible en photo. Nous avons donc utilisé de vraies photos de personnes handicapées en emploi dans la Manche. Le handicap est souvent invisible, et cela peut déculpabiliser les employeurs. Ou dit autrement, cela doit les encourager. Prenez le cas d’un transporteur, s’il résume le handicap à la non voyance, il ne répondra pas à des candidats handicapés. S’il voit sur notre site que des travailleurs handicapés conduisent des bus et des poids lourds, il peut changer d’avis.
Cela peut influencer aussi les salariés ou les demandeurs d’emploi qui relèveraient d’une reconnaissance de handicap. Ils remettent parfois à plus tard cette démarche car ils ne se reconnaissent pas dans le miroir qu’internet renvoie du handicap au travail.  Nous jouons avec les phénomènes d’identification qui aident à franchir le pas : cette personne me ressemble, son témoignage pourrait être le mien, donc je m’associe au message…

Une limite à cela ?

Surtout pas de condescendance, d’apitoiement.  Il ne s’agit pas de montrer pour tirer une larme, car beaucoup de personnes handicapées sont heureuses. Les témoignages sont nombreux en ce sens, il suffit de regarder autour de soi.
Il reste néanmoins le tabou du handicap mental. Des portraits de sportifs sans bras ou sans jambe, j’en vois régulièrement dans la presse. Et avec les prothèses intelligentes, il est de plus en plus question de transhumanisme… mais quand on voit tous les enfants qui le vendredi soir partent des IME pour rentrer dans leurs familles, c’est la vraie vie et c’est troublant.

C’est une face de la réalité que l’on peut ne jamais voir, même si l’on travaille dans la réinsertion professionnelle. Chez CH1, recevez-vous des candidats en situation de handicap ?

Nous recevons environ 2 candidatures par mois, mais aucune ne fait mention d’une éventuelle difficulté quelconque… la transparence n’est pas encore de ce monde, mais le site internet de Handicap & Emploi va y contribuer, j’en suis sûr…

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