Séverine Chartrain, responsable du Sameth de la Manche.

  • 17 mars 2015
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PYL_9465Le Sameth est un service présent dans chaque département. Financé par l’Agefiph et le Fiphfp, il intervient au profit des employeurs privés ou publics, quand un risque d’inaptitude menace l’emploi. Séverine Chartrain a aidé 2000 maintiens en 14 ans…

 

Vous incarnez le Sameth de la Manche, comment a démarré cette mission ?

J’avais été recrutée pour sensibiliser les employeurs à l’intérêt d’intégrer des personnes handicapées.
C’était intéressant mais j’ai eu envie de me frotter à des situations concrètes et particulières. Le maintien dans l’emploi des personnes chez qui survient un handicap, ou dont le handicap s’aggrave, répondait à ce désir.

Maintenant, plus rien ne vous surprend… ?

Si, car rien n’est joué d’avance, jamais. A chaque fois, c’est différent, quel que soit le handicap, le type d’entreprise ou sa taille.

Quelle est la durée moyenne d’une action de maintien ?

On fait tous en sorte que ce soit rythmé, qu’il y ait des étapes, des avancées, mais il y a parfois des surprises, avec la santé notamment. Les moyennes n’ont pas grand sens ici, car une action peut être réussie en quelques semaines, une autre en 1 an.

« On fait tous en sorte », dites-vous. « Tous », qui est-ce ?

Il n’y a pas seulement le médecin et le Sameth 50 autour de l’employeur et de son salarié. On peut trouver aussi, en fonction de la situation, un SAVS, la Carsat, un ergonome etc. Mais nous faisons en sorte que cela reste clair pour les personnes concernées. Le Sameth est justement là pour coordonner l’équipe autour de la réussite de ce projet.

Etre une femme, cela change-t-il quelque chose dans ce métier ?

Il faut être pugnace et fin négociateur… je ne sais pas si c’est propre aux femmes ! J’évolue beaucoup dans l’industrie, le bâtiment, l’agriculture, ce n’est pas un souci pour moi. Le matin en bottes dans une ferme et l’après-midi, en petits talons dans une banque, c’est un métier qui permet d’approcher des secteurs très différents. Mais dans chacun de ces univers, je vois de prime abord la croyance que maintenir en emploi un salarié qui a des problèmes de santé est plus facile chez « l’autre » : parce que plus petit ou plus gros, parce que public ou privé, parce que dans tel secteur moins exposé ou plus novateur… Or, il n’y a pas d’entreprises dans lesquelles les maintiens peuvent se faire sans une vraie implication de la direction et du salarié concerné.

Rencontrez-vous des situations plus marquantes que d’autres ?

Certains salariés, parfois très handicapés, nous donnent des leçons de vie. Malgré de fortes séquelles cognitives et fonctionnelles, ils se sortent brillamment des épreuves de la vie. Ce sont des personnes un peu magnétiques pour tous ceux qui ont la chance de les approcher. Cela contribue à rendre ce métier très motivant.

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