Travailler en étant bipolaire

Les troubles bipolaires sévères touchent 1 à 2% de la population, et 3 fois plus dans les formes moins graves. Trop de personnes concernées ne travaillent pas. En effet, leur insertion dans le monde du travail est souvent compliquée car les maladies psychiques font peur. Et pourtant avec un traitement efficace, une hygiène de vie, une connaissance de soi et une adaptation du travail, les personnes bipolaires peuvent travailler.

Que sont les troubles bipolaires ?

Les troubles bipolaires sont des troubles de l’humeur, caractérisés par une variation anormale de l’humeur : alternance de périodes d’excitations (manies) et de dépression (voire mélancolie profonde), entrecoupées de périodes de stabilité. Il existe différentes formes, plus ou moins graves. Dans les formes sévères, le risque suicidaire est important. En général les premiers symptômes apparaissent chez le jeune adulte. Le diagnostic est souvent lent à poser (en moyenne 8 ans). Les troubles ont un impact important sur la vie affective, familiale, professionnelle et sociale.
Les troubles bipolaires peuvent entrainer des hospitalisations. Cependant, un traitement médicamenteux combiné à une psychothérapie, peut permettre à la personne de garder un certain équilibre et d’avoir une vie normale. Mais encore faut-il avoir posé le diagnostic, et avoir trouver un traitement efficace et adapté.

Bipolarité, quel impact sur le travail ?

D’une manière générale, les personnes bipolaires ont des difficultés à conserver un emploi stable, si aucun aménagement ou prise en compte du handicap n’ont été faits. En effet, les personnes vont commencer un travail en phase d’excitation, et sont bien souvent très performantes, cependant au bout d’un certain temps cela s’essouffle et, le stress apparaissant, les personnes peuvent rentrer dans une phase dépressive plus ou moins sévère.
On distingue deux cas de figure pour les personnes souffrant de bipolarité.
Soit la bipolarité s’est déclarée au cours de l’adolescence, auquel cas la scolarité en a été affectée : scolarité interrompue due aux hospitalisations, difficultés à gérer le stress en période d’examens, et orientation professionnelle ne prenant pas en compte le trouble bipolaire… Les personnes enchaînent alors des petits boulots entre des périodes de chômage.
Soit la bipolarité s’est déclarée un peu plus tard au cours de la vie active, et dans ce cas la personne a pu acquérir des compétences et des diplômes. Cependant, les effets secondaires des traitements peuvent être importants, et la personne doit le prendre en compte dans son évolution professionnelle, notamment à cause du ralentissement cognitif.

Bipolarité et travail, quelles solutions ?

Il est primordial de prendre en compte le handicap dans l’élaboration de son projet professionnel ou dans le maintien dans l’emploi.
La prise en compte du handicap passe par la connaissance de soi, de son fonctionnement, et de son handicap :  Savoir percevoir les signaux d’alertes, développer des stratégies de compensation, avoir un traitement médicamenteux efficace et adapté, garder une hygiène de vie (alimentation, sommeil, pratique sportive) équilibrée, privilégier des emplois compatibles avec la bipolarité donc éviter les métiers nécessitant des situations de stress, éviter les métiers impliquant une irrégularité du rythme de vie (travail de nuit) …

La prise en compte du handicap passe aussi par la connaissance des acteurs du handicap qui peuvent accompagner la personne dans son insertion professionnelle ou son maintien dans l’emploi.

En effet, les personnes souffrant de bipolarité peuvent demander la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la Maison Départementale du Handicap, et ainsi bénéficier d’un accompagnement particulier pour les demandeurs d’emploi avec Cap emploi, et dans leur maintien dans l’emploi avec le Sameth pour les personnes déjà en emploi. Ces structures peuvent également prescrire des Prestations Ponctuelles Spécifiques Handicap Psychique (PPS), financées par l’AGEFIPH et le FIPHFP, permettant de mettre en place un accompagnement plus soutenu.

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