La formation, outil de maintien dans l’emploi des salariés en situation de handicap

Le Services d’Appui au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés de la Manche (SAMETH 50) constate quotidiennement dans le cadre des prestations qu’il assure au profit des personnes en risque d’inaptitude que la formation est un formidable atout pour augmenter ses chances d’être maintenues en emploi.

Un gage de réussite, l’identification précoce des salariés en difficulté

L’intérêt de cette identification le plus tôt possible est d’éviter l’aggravation des problématiques de santé qui rendraient le licenciement inéluctable et parfois le reclassement en interne impossible.
Pour cette identification précoce, l’entreprise peut s’appuyer sur des indicateurs simples. Il peut s’agir :
• des salariés régulièrement en arrêt ou en arrêt depuis 3 mois et plus
• les salariés qui expriment régulièrement de la fatigue ou se plaignent de douleurs à la réalisation de certaines tâches
• les salariés occupant des postes où les taux d’accident du travail ou de maladie professionnelle sont importants.

L’aide des Services de santé au travail

Lorsqu’une de ces situations est identifiée, il peut être utile d’en informer les Services de Santé au Travail.
Le médecin du travail pourra ainsi aider le salarié à faire le point sur ses aptitudes résiduelles et à prendre conscience de la nécessité d’envisager une démarche de reclassement.
Il permettra à l’entreprise de connaître les restrictions médicales et entamer la réflexion sur les postes adaptés.
Il faut rappeler que le salarié en arrêt de travail peut prendre l’initiative de cette démarche via la visite de pré-reprise.

Comment aider le salarié à se projeter dans un nouveau métier ?

Pour un salarié qui a exercé pendant plusieurs années le même métier, il n’est pas évident  de se projeter dans un nouveau métier. Pour cela, il peut  recourir au Bilan de compétences ou avec l’aide du SAMETH bénéficier de la prestation spécifique d’orientation professionnelle (PSOP).
Si le Bilan de Compétences, outil de droit commun, permet sur une durée de 20 heures d’aider le salarié à constituer un nouveau projet professionnel ; La PSOP, outil spécifique financé par l’AGEFIPH, permet à la fois un travail sur l’acceptation du handicap, sur la construction d’un nouveau projet professionnel en adéquation avec les restrictions médicales résiduelles et sur l’identification des formations nécessaires.

Teacher observing students working on electrical circuits
Mais quelles sont les aides mobilisables pour le financement de la formation, et comment les mettre en place ? Cela dépent de la solution identifiée avec l’entreprise et de la situation et besoins du salarié.

Le financement de la solution de formation

Si le salarié est maintenu dans l’entreprise, le SAMETH 50 peut accompagner l’entreprise dans la mobilisation des financements AGEFIPH, en complément des dispositifs de droit commun, pour la prise en charge du coût pédagogique.
Cette prise en charge peut aller jusqu’à 100% du coût pédagogique.
Si le salarié ne peut être pas être maintenu au sein de l’entreprise, la personne en risque de licenciement pour inaptitude peut anticiper les démarches de reconversion professionnelle. Ainsi, en fonction de son projet de reconversion professionnelle et les formations nécessaires, il pourra mobiliser le Compte personnel de formation et / ou le Congé Individuel de formation. Il pourra aussi saisir la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) en vue d’un reclassement professionnel.

Comment mettre en place cette formation ?

En fonction de la situation, du projet identifié avec l’entreprise et du handicap du salarié, des accompagnements spécifiques peuvent être mis en place avec l’appui du SAMETH :
• Obtenir les accords de la CPAM pour réaliser la formation pendant l’arrêt de travail pour faciliter le retour à l’emploi
• Activer certains modules tels le contrat de rééducation en entreprise cofinancé par la CPAM.
• Réaliser des immersions professionnelles pendant l’arrêt de travail dans le cadre du protocole de retour à l’emploi sous indemnités journalières (PRESIJ)
• Organiser le tutorat avec des financements AGEFIPH
• Mobiliser l’intervention d’un interprète en langue des signes pour la réalisation de la formation au bénéfice des salariés déficients auditifs

Les entreprises peuvent donc envisager la formation comme un excellent outil de maintien dans l’emploi, et les salariés peuvent être acteurs de leur maintien en employabilité.

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